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Relax; Deep Mind

'Relax; Deep Mind' Patrick A Kelly

Relax, Deep Mind est accessible à tous les pratiquants de Taiji. Ce livre couvre la philosophie, les principes et l'histoire du Taiji, ainsi qu'une explication claire de ses méthodes d’apprentissage. Avec près de 200 photographies détaillées, Patrick Kelly présente les 5 exercices de relâchement de Maître Huang Xingxian et la forme Yang courte de 37 mouvements du Grand Maître Zheng Manqing (Cheng Man-Ching), ainsi que des explications illustrées des exercices de base de poussée des mains.

Sur la 4ème de couverture:

"Le Taiji est un art où le doux surpasse le dur, où le calme dompte l’agressivité et où le subtil transcende l’épais. C’est une méthode pour nous permettre d’être en harmonie avec nous-mêmes, les personnes avec qui nous interagissons et toutes les énergies de notre large environnement. La forme du Taiji développe la force intérieure. La poussée des mains développe la sensibilité. Être à la fois détendu extérieurement et fort intérieurement, donne la possibilité de résoudre les pressions sans conflit. Par la construction de l’harmonie intérieure et de la force interne, avec le relâchement physique et la philosophie de céder, nous arrivons graduellement à cette place où la défense du moi dans la vie quotidienne ne sert plus aucun but."

Relax; Deepmind

table des matières

1 Qu'est-ce que le Taiji ?
2 Histoire du Taiji
3 Le Taiji aujourd'hui
4 Pratique du Taiji
5 Principes du Taiji
6 Exercices de relâchement
7 Forme courte: 37 mouvements
8 Poussée des mains
9 14 points importants
canaux Méditation Appendice

Compréhension

La compréhension grandit quand les connaissances s'allient à l'expérience personnelle. Les principes sont expliqués dans les Classiques du Taiji, mais leur vérité doit être expérimentée par nous-même. La compréhension de ces principes n'est pas statique. Elle devient plus subtile à mesure que notre Taiji progresse. L'humilité est la conséquence de l'approfondissement d'une réelle compréhension.

Progression

Il faut 3 à 4 ans pour apprendre une série raisonnablement équilibrée d'enchaînements et d'exercices. Il faut 3 ou 4 années supplémentaires pour que ceux-ci deviennent détendus et naturellement coordonnés aux flux d'énergie du corps. La démarche d'apprentissage doit tendre du grand vers le petit et de l'extérieur vers l'intérieur. Le processus se produit par cycles au sein desquels les progrès évoluent en spirale. Les actions répétées d’extension et de compression raffinent les idées et les méthodes comme du fer brut que l'on forgerait en un ressort du meilleur acier. La plupart des cellules se régénèrent au cours de cycles de 7 à 8 ans. Les cellules qui se forment au cours d'une période d'entraînement au Taiji contiennent en essence la marque de cette pratique, de cette façon un corps «Taiji » complète¬ment neuf se trouve recomposé vers la fin de cette période de 7 à 8 ans, tout en restant capable de bien davantage de raffinements corporels. L'entraînement de l’Esprit nécessite, pour des raisons similaires, 7 à 8 ans de plus. C'est ce qui permet à une « deuxième transformation » de se réaliser. En fait, à ce stade, on utilise l’Esprit pour cultiver les énergies inférieures. Après environ 14 ans, l’ « Esprit Taiji » ou « Esprit Profond » devrait devenir manifeste. Dans des circonstances idéales, 7 ou 8 années supplémentaires permettent à l'Esprit Spirituel d'imprégner graduellement l’ «Esprit Profond» et la «troisième transformation» se réalise.

Effort

L’effort pour changer amène une certaine résist¬ance créant des frictions et des conflits qui génèrent à leur tour l'ardeur ou l'énergie nécessaire au processus intérieur de perfectionnement. Face à cette résistance maintenir une intention constante et flexible dirige l’effort. Une attitude d’acceptation prend en charge les effets inévitables du passé et prévient la résistance qui apparaît suite à l'effort en consommant l’énergie produite par cette lutte. Un état intériorisé de prise de conscience permet de rester objectif, tout en aidant à se placer hors du processus d'apprentissage pendant qu'il se produit.

Santé

Pratiquer le Taiji fortifie l’énergie de base du corps. La santé con¬cerne principalement la bonne circulation des flux énergétiques à l'intérieur du corps mais intègre également l’état de tous les organes internes. Le Taiji fortifie les organes internes en améliorant la circulation du sang et des autres fluides corporels. La pratique du Taiji permet également de renforcer les muscles et les os, ce qui assure une certaine protection vis-à-vis de blessures externes et permet une vie quotidienne plus efficace. Certains confondent la faiblesse avec la douceur, donc bénéfique, et confondent la force avec la dureté, donc néfaste. Le bon est souvent faible et le mauvais parfois fort, c'est un fait malencontreux de la vie. L'idéal du Taiji est à la fois doux et fort. Des problèmes mineurs peuvent se manifester au cours de l'entraînement. Des jambes tremblantes, des muscles endoloris ou de pénibles sensations dans les chevilles et les pieds accompagnent souvent l'adaptation du corps à un nouvel exercice. Des étourdissements et de faibles nausées peuvent parfois se manifester lors des efforts initiaux pour concentrer l’Esprit. Des douleurs dans les genoux sont très communes ; elles diminueront si l'on fait attention au positionnement correct des genoux et si on masse ces articulations avant et après l'entraînement. Accentuer l’aspect martial ou compétitif conduit souvent à des blessures. S'il persiste des gênes, parlez-en à votre instructeur ou à des élèves plus anciens qui ont déjà, pour eux-mêmes, expérimenté les exercices et devraient donc comprendre ce qui est en cause. Les douleurs du corps ne sont qu'une des différentes facettes des résistances qui apparaissent lorsqu'on essaye de se mouvoir d'une nouvelle façon. Chacun doit expérimenter pour lui-même le degré d'intensité qu'il peut, en toute sécurité, s'autoriser. L'état de santé du corps, pour le Taiji a une importance similaire à celle qu’à l'état de santé du cerveau pour développer l'intellect.

Trois niveaux

La pratique du Taiji comporte 3 niveaux. Le corps, l'Esprit Profond et l'Esprit Spirituel (la Terre, l'Homme et le Ciel). L’Esprit Profond se trouve au centre du proces¬sus. Deux liaisons doivent être cultivées - Esprit Profond / corps et Esprit Profond / Esprit Spirituel. L’Esprit Profond et le corps sont reliés par des énergies inférieures qui elles-mêmes se présentent sous 3 aspects - éthérique, émotion¬nel, et mental. Développer la liaison Esprit Profond / corps comporte deux éléments - exécuter le mouvement en prenant con¬science (corps actif, Esprit Profond passif), et conduire le mouvement par l’Esprit Profond (Esprit Profond actif, corps passif). Nous avons, à notre naissance, un corps qui fonc-tionne, assurant un certain degré de conscience, mais un contrôle limité en ce qui concerne la motricité, les sensations et la pensée. La vie, en elle-même, nous force à développer ces domaines, toutefois le potentiel de chacun va bien au-delà de ce qui est habituellement atteint. Le Taiji se destine à développer à la fois les éléments actifs et passifs du lien Esprit / corps, tout en prenant en compte, de manière équilibrée, les 3 aspects des énergies inférieures. L’Esprit Profond et l'Esprit Spirituel sont reliés par des énergies supérieures. Cultiver le lien Esprit Profond et Esprit Spirituel comporte également deux éléments – une profonde prise de conscience (Esprit Profond actif) et la réponse, dans l’Esprit Profond aux indica¬tions subtiles de l'Esprit Spirituel (Esprit Profond passif). Développer le lien Esprit Profond / Esprit Spirituel revêt toute son importance une fois que le lien Esprit Profond / corps se rapproche de son accomplissement.

Motivations

Il y a trois bonnes raisons de pratiquer - première¬ment pour nous aider nous-mêmes; deuxièmement pour nous joindre à d'autres souhaitant aussi pra¬tiquer ; troisièmement pour contribuer, dans une cer¬taine mesure, à la source de l'enseignement. Recevoir, partager et donner se soutiennent mutuellement. Chacune de ces trois actions comporte plusieurs niveaux. Chacun choisit son propre niveau de pra¬tique suivant ses aspirations personnelles quoique ces motivations - conscientes ou inconscientes - soi¬ent souvent mélangées. Le niveau - ou la qualité - est déterminé d’abord par l'intention, puis par le sentiment sous-jacent, et enfin par le talent ou l'habileté avec lequel il est accompli.

Ego

L'entraînement du corps produit des changements, mais à chaque changement apparaît le besoin de son intégration psychologique. La réponse de l'ego à la réussite ou à l'échec passager a une influence sur le processus d'apprentissage. Un conflit peut naître entre des attentes irréalistes découlant d'une représenta¬tion imaginaire que nous avons de nous-mêmes et la réalisation naissante de là où nous en sommes et de ce qui nous reste à faire. L'ego est une coquille, une « vitrine » pour protéger du monde extérieur notre délicate vie intérieure. À un niveau superficiel, il empêche ceux qui nous entourent de voir ce que nous sommes véritable¬ment. À un niveau plus profond et plus nuisible, il bloque notre contact avec notre Esprit Profond. Les contraintes délicates, exercées par le professeur, l'enseignement et l'étudiant lui-même, se conjuguent pour pénétrer les zones de résistance et de conflits, augmentant, pour l'étudiant, sa liberté intérieure. Les « façades » bien construites et ayant, de l'extérieur, l'air naturel sont les plus difficiles à percer.

Changements Profonds

Des effets bénéfiques peuvent être ressentis aux moments des entraînements, sur les plans de la détente du corps, d'une meilleure prise de conscience, de flux énergétiques plus importants et de la paix de l’Esprit. Ces effets à court terme se manifestent couramment lors de l'entraînement et disparaissent tout aussi facilement lorsqu'on ne s'entraîne pas. Ils soignent ceux qui sont infirmes et apportent équilibre à ceux qui souffrent d'instabilité. Les changements profonds prennent du temps pour arriver à maturité. Des efforts constants sont nécessaires sur une longue période. Ils touchent à l'essence de nous-même et affectent ce que nous sommes. Il est très courant de pratiquer intensément pendant une certaine période puis d'arrêter parce que les résultats ne sont pas immédiatement perceptibles. La progression intérieure aura bien eu lieu mais n’est pas encore visible à la surface. Les mutations profondes ne se perdent pas facilement, et si elles sont suffisamment intenses, elles se cristallisent et deviennent permanentes.

Espace d’entrainement

Le contexte environnemental ne revêt qu'une importance minime. Des chaus¬sures spéciales, une jolie tenue, une belle salle ou un coin de parc avec arbres et gazon contribuent à des conditions agréables. Plaisantes ou non, d'une façon ou d'une autre, ces conditions n'auront que peu d'effet une fois que le pratiquant aura commencé à mûrir intérieurement et à se détacher de sa dépendance aux conditions extérieures. Bien qu'en occupant un même lieu répétitivement, cet emplacement peut accumuler une certaine énergie, c'est le niveau le plus bas du rôle de l'environnement. Quoique bénéfique, cela peut aussi entretenir une dépendance aux conditions extérieures. Dans un sens plus large, notre environnement est la situation de vie dans laquelle nous nous plaçons. Elle est peut-être déterminée à 90% par nos actions passées et à 10% par nos actions présentes. De « bonnes » conditions de vie ne contribuent pas forcément beaucoup au développement intérieur mais de « mauvaises » conditions peuvent l'affecter en affaiblissant et en dévoyant les énergies physiques, émotionnelles et mentales. Le champ d'énergie du groupe est l'aspect le plus important des conditions de la pratique. Chacun y apporte sa contribution par la qualité et par la quantité d'efforts fournis, et tous bénéficient de cette stimulation pendant l'entraînement.

Quel professeur ?

Un professeur n'est qu'un étudiant à un niveau plus avancé de développe¬ment que celui des élèves auxquels il enseigne. Les professeurs formulent leur pro¬pre compréhension des principes du Taiji, modifiant au cours du temps leur enseignement en fonction des situations et des personnes concernées. Chaque élève comprend à sa façon ce qui est enseigné. Si un élève a étudié pendant une dizaine d'années avec un professeur expérimenté, il pénétrera alors ce que le professeur essaye d'exprimer, il lui faudra cependant au moins autant de temps pour l'assimiler de façon personnelle. Rechercher d'abord un profes¬seur qui, s’est formé au moins pendant cette durée, ou un instructeur qui continue de pratiquer sous la direction d'un tel professeur. Prendre ensuite en considération la lignée et la qualité de Taiji qui lui a été transmise, le caractère du professeur ou sa capacité à formuler clairement le fruit de son expérience. Considérer enfin la façon dont le profes¬seur transmet, de façon ouverte, ses connaissances. Le résultat final de ces facteurs peut se distinguer par la qualité des élèves que le professeur a attirés et l'atmosphère générée pendant ses cours. Au final, la source du Taiji dépasse tous les professeurs. Le Taiji ne peut être ni vendu ni acheté. Les professeurs en sont dépositaires pour ceux qui, par leurs efforts, se mettent en position de le recevoir. L'argent payé au professeur ne se rapporte qu'à son temps et ses dépenses. Il existe une intelligence naturelle qui soutient l'apprentissage du Taiji. Elle est plus importante que n'importe quel professeur. Tandis que votre compréhension s'approfondit, mettre en pratique ce que vous considérez comme véridique et vous serez loyal envers le Taiji. Dès lors vous serez aussi loyal envers tout profes¬seur qui se place lui-même en harmonie avec cette Intelligence Naturelle.
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